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EBITDA run-rate : méthodologie et pièges à éviter

Qu'est-ce que l'EBITDA run-rate, comment le calculer correctement et quels sont les pièges à éviter pour ne pas surestimer la rentabilité normative d'une cible.

Publié le 17 avril 2026· 3 min de lecture

L'EBITDA run-rate est l'un des concepts les plus utilisés — et les plus mal compris — en Transaction Services. Bien calculé, il représente la rentabilité annualisée normative d'une entreprise. Mal appliqué, il devient un outil de surestimation de la performance.

Définition de l'EBITDA run-rate

L'EBITDA run-rate est la projection de l'EBITDA annuel basée sur une période récente, en supposant que les conditions actuelles se maintiennent. Il est particulièrement utilisé lorsque :

  • L'entreprise est en forte croissance (les derniers trimestres sont plus représentatifs que l'année complète)
  • Un événement récent a modifié structurellement la rentabilité (nouvelle ligne de produits, contrat majeur gagné)
  • L'exercice le plus récent inclut une période non représentative

Calcul de base

La méthode la plus simple : annualiser les 6 ou 12 derniers mois de données.

EBITDA run-rate = EBITDA des 12 derniers mois (LTM) normalisé

Le LTM (Last Twelve Months) est calculé par rolling : Année N-1 + période YTD N – période YTD N-1.

Pour les entreprises en forte croissance, certains praticiens annualisent les derniers 3 ou 6 mois.

Ajustements run-rate vs ajustements one-off

La distinction est fondamentale :

  • Ajustements one-off : éléments non récurrents à exclure (coûts de restructuration, revenus exceptionnels)
  • Ajustements run-rate : projections de l'impact plein exercice d'événements survenus en cours d'année (nouvelle embauche, hausse de loyer, contrat signé en juillet)

Exemple d'ajustement run-rate : un nouveau contrat client signé en septembre représente 3 mois dans le LTM mais génèrera 12 mois de marge en année pleine. L'ajustement run-rate ajoute les 9 mois manquants à l'EBITDA.

Les pièges classiques

L'extrapolation abusive de la croissance

Annualiser les 3 meilleurs mois d'une activité saisonnière donne un run-rate artificiel. Le praticien doit vérifier que la période sélectionnée est représentative.

Les synergies incluses dans le run-rate

Certains managers incluent dans leur run-rate des synergies projetées (réduction de coûts post-acquisition, cross-selling). Ces synergies ne sont pas encore réalisées — elles ne doivent pas être présentées comme un run-rate d'EBITDA historique.

Les contrats non encore signés

Un contrat "en cours de signature" ne génère pas d'EBITDA tant qu'il n'est pas exécuté. L'inclure dans le run-rate est prématuré.

Les hausses de coûts à venir

Si une hausse de loyer ou une augmentation salariale prend effet dans 6 mois, le run-rate doit l'intégrer (ajustement négatif) — même si elle n'apparaît pas encore dans les données historiques.

Présentation dans le rapport FDD

Le rapport TS présente généralement plusieurs bases d'EBITDA :

  1. EBITDA reporté (comptes annuels)
  2. EBITDA LTM reporté
  3. EBITDA normalisé (après ajustements one-off)
  4. EBITDA run-rate normalisé (avec ajustements run-rate documentés)

Chaque ajustement doit être justifié par des éléments probants (contrat signé, bulletin de salaire, avis de loyer).


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