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FDD dans le secteur hôtelier et hospitality

Spécificités de la Due Diligence Financière dans l'hôtellerie : RevPAR, GOPPAR, saisonnalité, IFRS 16 et enjeux de valorisation dans le secteur hospitality.

Publié le 17 avril 2026· 3 min de lecture

L'hôtellerie est un secteur avec ses propres KPI, ses propres structures de coûts et ses propres conventions comptables. Pour un praticien TS, maîtriser les spécificités du secteur est indispensable pour produire une FDD crédible.

Les KPI spécifiques à l'hôtellerie

RevPAR (Revenue Per Available Room)

Le RevPAR est la métrique centrale de performance hôtelière :

RevPAR = Taux d'occupation × Prix moyen par chambre

Un RevPAR en hausse peut résulter d'une augmentation du taux d'occupation, du prix moyen, ou des deux. L'analyse doit distinguer ces leviers car ils ont des implications différentes sur la durabilité de la performance.

GOPPAR (Gross Operating Profit Per Available Room)

Le GOPPAR mesure la rentabilité opérationnelle par chambre disponible, après déduction des coûts opérationnels (hors loyers et frais de structure). C'est l'indicateur de marge le plus pertinent pour comparer des hôtels de périmètres différents.

ADR (Average Daily Rate)

Le prix moyen par chambre vendue — à analyser en lien avec le mix (clientèle loisir vs affaires, catégorie de chambre, canaux de distribution).

Saisonnalité et normalisation de l'EBITDA

L'hôtellerie est fortement saisonnière (haute saison estivale, périodes de congrès, vacances scolaires). Le praticien TS doit :

  • Analyser les performances mensuelles sur 3-4 ans pour identifier la saisonnalité structurelle
  • Éviter de tirer des conclusions d'une période courte non représentative
  • Identifier les événements exceptionnels (rénovation fermant des chambres, événement majeur en ville) qui biaisent les données historiques

IFRS 16 et hôtellerie : un impact majeur

L'hôtellerie est l'un des secteurs les plus touchés par IFRS 16 (traitement des contrats de location) en raison des baux hôteliers à long terme :

  • Les loyers fixes sont retraités en dette (obligation locative) et en droit d'usage
  • L'EBITDA est mécaniquement amélioré (les loyers ne passent plus en charge opérationnelle)
  • La dette nette augmente significativement

Le praticien TS doit bien distinguer l'EBITDA pre-IFRS 16 et post-IFRS 16 pour les comparaisons historiques et sectorielles.

Structure de coûts spécifique à l'hôtellerie

Les coûts hôteliers se décomposent en :

  • Coûts variables : personnel en salle et en cuisine, coûts de nettoyage
  • Coûts semi-variables : restauration, loisirs (spa, fitness)
  • Coûts fixes : loyers, entretien des bâtiments, personnel d'encadrement

Le praticien analyse le levier opérationnel : en hôtellerie, un fort taux de coûts fixes signifie que la rentabilité est très sensible aux variations de taux d'occupation.

CapEx et rénovations

Les hôtels nécessitent des investissements cycliques lourds (rénovation des chambres tous les 7-10 ans, mise aux normes). Le praticien TS :

  • Identifie les CapEx de maintenance vs CapEx de montée en gamme
  • Évalue le plan de rénovation et son financement
  • Ajuste l'EBITDA pour refléter un CapEx normalisé si les investissements récents ont été différés

Red flags dans l'hôtellerie

  • RevPAR en hausse uniquement grâce à la suppression de remises (non récurrent)
  • Taux d'occupation anormalement élevé les 2 ans avant cession
  • CapEx très bas les dernières années (déferred maintenance)
  • Contrats de gestion hôtelière avec des clauses de sortie défavorables

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