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Actifs incorporels et goodwill en Due Diligence Financière

Le traitement des actifs incorporels et du goodwill en FDD : identification, valorisation et impact sur le bilan en contexte de transaction M&A.

Publié le 17 avril 2026· 3 min de lecture

Les actifs incorporels et le goodwill sont au cœur de nombreuses questions en Due Diligence Financière, notamment dans les transactions impliquant des entreprises à forte valeur immatérielle (technologie, marques, relation clientèle). Voici comment les aborder en mission et en entretien.

Le goodwill : rappel et enjeux

Le goodwill (ou écart d'acquisition) naît lors d'une acquisition : c'est la différence entre le prix payé et la juste valeur des actifs nets identifiables acquis. Il représente en quelque sorte la « surprime » payée pour des éléments non séparables (synergies attendues, position concurrentielle, équipe de direction).

En IFRS, le goodwill n'est pas amorti mais fait l'objet d'un test de dépréciation annuel. En normes françaises, il est amorti sur une durée déterminée.

En FDD, l'analyse du goodwill porte sur :

  • Sa valeur résiduelle au bilan : est-elle justifiée par la performance actuelle de l'entreprise ?
  • Les tests de dépréciation réalisés et leurs hypothèses.
  • Le risque d'une dépréciation future qui viendrait impacter les fonds propres.

Les actifs incorporels identifiables

Lors d'une acquisition, certains actifs immatériels sont séparés du goodwill et valorisés indépendamment :

  • Marques : valeur dépendant de la notoriété, du chiffre d'affaires généré, de la durée de vie estimée.
  • Relations clients (customer relationships) : valorisées en fonction de la durée de la relation, du taux de rétention et de la marge générée.
  • Technologies (technology / IP) : brevets, logiciels développés en interne, savoir-faire.
  • Contrats : contrats de distribution exclusifs, licences, contrats de service long terme.

L'impact en FDD buy-side

En tant qu'analyste FDD, vous analysez les actifs incorporels principalement sous l'angle des risques :

Risque de survalorisation : si le goodwill représente une part très importante des actifs totaux (50 %+), le risque de dépréciation future est élevé. Vous identifiez les hypothèses des tests de dépréciation et leur sensibilité.

Risque de dépendance : si l'actif incorporel principal (marque, technologie) est très dépendant d'une personne-clé (fondateur, CTO), son maintien post-acquisition est incertain.

Risque d'obsolescence : notamment pour les actifs technologiques — quelle est la durée de vie économique réelle de la technologie propriétaire ?

L'amortissement des incorporels et l'EBITDA

Un point technique important : les dotations aux amortissements des actifs incorporels identifiés lors d'une acquisition sont des charges en-dessous de l'EBITDA. Elles n'impactent donc pas directement l'EBITDA normalisé.

En revanche, elles impactent le résultat net et l'analyse de la rentabilité après impôt — sujet traité dans la partie fiscale de la FDD.

Ce que les recruteurs vérifient

  • « Comment le goodwill apparaît-il dans un contexte FDD ? » → Risque de dépréciation, qualité des tests d'impairment.
  • « Quelle est la différence entre goodwill et actifs incorporels identifiés ? » → Goodwill non séparable vs actifs valorisés individuellement.
  • « L'amortissement des incorporels impacte-t-il l'EBITDA ? » → Non, il est en-dessous de l'EBITDA.

La formation aborde ces concepts dans le cadre d'analyses de bilan complètes intégrées aux études de cas sectorielles.